Le MJ renonce surtout à empêcher les opérateurs mobiles de ruiner eSIM

Le ministère de la Justice a décidé de ne rien faire contre les tentatives des entreprises de téléphonie mobile de transformer les eSIM en un moyen de garder les clients verrouillés sur leur réseau. Il n’exclut pas entièrement qu’il faille prendre des mesures contre les comportements anticoncurrentiels à l’avenir. Mais pour le moment, le ministère de la Justice dit qu'il va laisser tomber le problème, car le groupe industriel derrière eSIM va modifier son processus de prise de décision pour ne pas le résoudre réellement, de manière à être moins orienté vers les transporteurs.

Les eSIM sont finalement supposés remplacer les cartes SIM, ces petits morceaux de plastique que vous insérez dans un téléphone pour définir le fournisseur auquel il est connecté. Les eSIM offrent une version numérique de celle-ci, vous permettant théoriquement de changer d’opérateur téléphonique en appuyant sur un bouton, tout au long du logiciel. Votre téléphone peut même basculer automatiquement entre plusieurs opérateurs en fonction de celui qui offre le meilleur signal, du service moins cher ou de fonctionnalités spécifiques, si les opérateurs et les fabricants de téléphones souhaitent proposer une telle solution.

Mais alors que les eSIM pénètrent lentement dans les téléphones, rien de tout cela n’est arrivé. C’est parce que les opérateurs – par l’intermédiaire de leur organisme, la GSM Association (GSMA) – ont établi des règles relatives aux eSIM qui leur permettent de verrouiller les téléphones et d’empêcher les utilisateurs de changer de réseau.

Le MJ a identifié un certain nombre de règles qui ont été ajoutées pour verrouiller un téléphone sur un seul réseau, "sans que cela soit nécessaire" pour résoudre les problèmes d'interopérabilité. Les transporteurs nord-américains voulaient alors une règle de verrouillage encore plus stricte que, lorsqu'ils ont initialement perdu un vote pour y parvenir, ils se sont séparés et ont voté à nouveau pour que la règle soit adoptée dans leur propre région, selon le ministère de la Justice. D'autres règles empêchent la commutation automatique entre les réseaux, empêchent les offres de «nouveau service innovant» et même d'empêcher un téléphone de se connecter à deux réseaux à la fois, comme de nombreux téléphones utilisent déjà deux logements pour cartes SIM physiques.

Tout cela pose de réels problèmes de concurrence. En ce moment, il est très facile de changer d’opérateur téléphonique: il vous suffit de retirer une carte SIM et d’en insérer une autre. Il est également très facile d’utiliser deux opérateurs simultanément si vous possédez un téléphone avec deux logements pour carte SIM. Mais avec les eSIM, les opérateurs ont la possibilité d’empêcher tout cela, de sorte que vous devez obtenir le service de la compagnie auprès de laquelle vous avez acheté le téléphone ou les amener à accepter de déverrouiller votre téléphone et à espérer que le logiciel le permette. vous changez de transporteur.

Le ministère de la Justice aurait pu examiner ce comportement manifestement problématique et demander à la GSMA d'exiger que les eSIM restent ouverts à tout réseau. Il est particulièrement étrange que le DOJ n'ait pas essayé de le faire, car il semble avoir un penchant inhabituel pour les eSIM. Il les appelle sans cesse «innovants» et explique comment ils peuvent déclencher «de nouvelles formes de concurrence perturbatrice». Le MJ même fait du support complet et ouvert pour eSIM une exigence pour le T-Mobile post-fusion, ainsi que pour Dish, qui achète certains de ses actifs cédés.

Au lieu de cela, le ministère de la Justice ne fait rien et dit qu'il va garder un œil sur la GSMA pour voir si la situation s'améliore.

C’est parce que la GSMA affirme que le problème devrait se résoudre lui-même grâce aux nouvelles règles qu’il a imposées. Auparavant, les normes GSMA, comme celle d'eSIM, étaient approuvées par les transporteurs. À l’avenir, il créera de nouvelles règles qui permettront aux autres entreprises d’avoir leur mot à dire en matière d’approbation des normes, afin qu’elles puissent théoriquement rejeter les modifications anticoncurrentielles.

La norme eSIM continue d'être mise à jour et une nouvelle version est en préparation. Mais en fin de compte, nous ne savons pas si ces règles problématiques vont être modifiées, et le nouveau processus d’élaboration des règles ne va donc jusqu’à présent que pour y répondre. Le MJ dit qu’il observera l’évolution de la norme eSIM et qu’il pourrait prendre des mesures ultérieurement si ce comportement persistait. Mais au moins pour le moment, il va regarder.

Traduit de la source : https://www.theverge.com/2019/11/27/20985910/doj-gsma-esim-decision-anticompetitive-concerns-no-action

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